À 19 ans, Mirra Andreeva réalise son rêve d’enfant et remporte Roland-Garros

La Russe s’est imposée samedi 6 juin face à Maja Chwalińska (6-3, 6-2) sur le court Philippe-Chatrier. À 19 ans, elle décroche son premier titre du Grand Chelem et devient la plus jeune lauréate du tournoi parisien depuis Monica Seles en 1992.
© Roland Garros

Samedi 6 juin, Mirra Andreeva a transformé des années d’attente en une heure et vingt-deux minutes de certitude. Longtemps présentée comme la future grande joueuse de sa génération, l’adolescente a cessé d’être une promesse pour devenir, tout simplement, championne.

Le score raconte une domination tranquille : 6-3, 6-2. Mais derrière les chiffres, il y a une jeune femme qui n’a jamais tremblé, alignant les coups droits profonds et gardant son sang-froid quand la pression de la finale aurait pu tout emporter. Face à elle, Maja Chwalińska, sortie des qualifications, vivait, elle aussi, un conte de fées. Deux trajectoires improbables réunies sur le plus beau des courts.

« Je regarde Roland-Garros à la télévision depuis toute petite. Gagner ce tournoi est un grand rêve, et je n’arrive pas à croire que je tiens ce trophée. »

Mirra Andreeva, lors de la remise du trophée

Ces mots, prononcés le trophée entre les mains, disent l’essentiel. Andreeva n’est pas tombée du ciel. À 15 ans à peine, elle remportait son tout premier match sur le circuit professionnel, à Madrid, après avoir reçu une invitation. Quelques mois plus tard, elle atteignait déjà le troisième tour à Roland-Garros et la deuxième semaine à Wimbledon. À chaque étape, la même question revenait : jusqu’où ira-t-elle ? La réponse s’appelle désormais Grand Chelem.

Sur le court, la finale a vite pris la forme qu’Andreeva souhaitait. Un break d’entrée, un service solide pour s’installer, et déjà la sensation qu’elle dictait l’échange. Chwalińska a tenté de la déborder, de varier, de la faire reculer derrière sa ligne de fond. Mais la Russe répondait à tout : longueur de balle, changements de direction, et ce coup droit décroisé qui venait chercher les angles au moment où il fallait. Premier set empoché 6-3, sans avoir jamais paru en danger.

La deuxième manche aurait pu être le moment de doute, celui où le poids d’une première finale de Grand Chelem se rappelle à vous. Il n’est jamais venu. Andreeva a accéléré, multiplié les retours agressifs et poussé sa rivale à la faute. À 5-2, sur sa première balle de match, un dernier coup gagnant a tout scellé. Une heure et vingt-deux minutes, et le sentiment d’avoir assisté à un passage de relais.

Ce qui frappe, chez elle, ce n’est pas seulement le talent, mais le chemin pour en arriver là. À 15 ans, son premier match sur le circuit ; à 16, ses premières grandes semaines en Grand Chelem ; et entre les deux, des défaites, des réglages, des saisons entières à apprendre. Rien d’un coup d’éclat : un travail patient, dont la finale de samedi n’était que la partie visible.

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